Alsace
Strasbourg

Les Sales Gosses : des sales gosses bien élevés !



Qui aurait parié que ce restaurant créé il y a déjà 8 huit ans, loin des sentiers battus de la capitale européenne, en face de l’École militaire, le long d’un boulevard passant et entouré de beaux immeubles cossus style haussmannien, devienne l’un des rendez incontournables de la gastronomie strasbourgeoise ?

  • C’était sans compter sur la volonté, le culot et le talent des deux propriétaires. D’un côté le sérieux et créatif Fabrice Faucon, le maître-queue et de l’autre le plus facétieux, (sans doute le plus sale gosse !!!) Arnaud Ziarkowski, le très sympathique directeur de salle.

    Pour provoquer la curiosité et l’envie de venir, il fallait trouver un nom de resto original qui interpelle : "Les Sales Gosses", et un concept tout aussi singulier : renouveler la carte toutes les 6 semaines, excusez du peu, en proposant des escapades qui mettent à l’honneur les plats terroirs d’une région. L’idée était alléchante mais osée car sur la durée, il fallait en avoir du talent et de l’imagination pour se renouveler aussi souvent et faire mouche à chaque fois. Arnaud nous explique que le chef est un instinctif, et, qu'aussitôt qu'il lui vient une idée, il la concrétise. Il ne fait pas que copier la cuisine des régions, il l’interprète à sa sauce, la revisite certaines fois mais en gardant toujours l’esprit. Sa cuisine est inclassable, elle balance entre la cuisine bourgeoise, la cuisine terroir, la cuisine semi-gastro, mais toujours précise, nette, sans chichis et bien dressée. Elle est entièrement faite maison à partir de produits frais et sélectionnés.

  • Le charme de cette adresse vient aussi de la salle, qui s’est raffinée au fil du temps, esthétisée, de son ambiance, des grains de folies de la déco, des distrayantes colonnes peinturlurées multicolores à la Niki de Saint Phalle alliés aux côtés chics de la très belle vitrine tamisée, des banquettes, des tapisseries, des fresques murales... La salle est à l’image d’Arnaud, personnage haut en couleur, tout droit sortie d’une BD ! Il vit et incarne sa salle avec une sorte d’abnégation, de prévenance et d’élégance, tout en simplicité. Il faut l’entendre conter les ardoises des menus terroirs. Il y a de l’émotion, de la passion et de la décontraction. Un véritable acteur studio !

  • Le personnel n’est pas en reste, le sourire et le professionnalisme sont toujours au rendez-vous. Leur envie de faire passer un bon moment n’est pas feinte. L’équipe apprécie de travailler ensemble sous l’égide de ses deux patrons et lui reste donc fidèle. C’est un facteur rare de nos jours dans cette profession où le turn-over est impressionnant. Beaucoup de restaurateurs devraient s’en inspirer...

    Le décor planté, il est temps de passer aux réjouissances gustatives. Ce qui m’a décidé de revenir dans cet établissement que je fréquente depuis la création c’est le thème du menu terroir : la Flandre, ma terre natale. J’attendais donc le Chef au tournant même s’il était absent le soir de notre visite !

  • L’apéritif s’est partagé entre le traditionnel zizi coincoin, kir au vin rouge avec du guignolet kirsch, et une bière de Bruges un peu trop sucrée à mon goût. La 3-monts, bière emblématique des Flandres, aurait été parfaite !

  • Un jeune sommelier avisé et sympathique nous commente la carte raccourcie des vins et nous conseille celui qui a été sélectionné spécialement pour ce menu terroir, un gouleyant Cairanne 2011 Galifay, sur le fruit rouge, belle vivacité et bonne longueur assez facile à boire.

  • Le choix des entrées s’est orienté vers une jolie gaufre de pomme de terre surmontée de chantilly à la truffe et foie gras poêlé ou un entremet de crabe : chair en tartare, pomme granny sur une fine gelée en crustacés et enfin le vrai plat traditionnel flamand, le fameux potjevleisch, terrine de 4 viandes en gelée, poulet, cochon, lapin et bœuf accompagné en sus de frites pour faire vraiment comme là bas ! Un pur régal, une vague d’enfance qui déferle dans l’assiette. Bravo Chef de nous procurer autant d’émotions !

  • En plat, notre table choisit deux excellents plats de viande élégamment dressés, roboratifs, un paleron de bœuf braisé, fondant à souhait, à la carbonade flamande, tourte de pomme de terres au maroilles et une superbe pièce de bœuf Angus grillée servie sur une galette de pied de cochons aux lentins de chênes, jus à la moelle, frites maison (pour faire vraiment flamand, il aurait fallu les cuire au gras de boeuf !) Quant au plat de poisson, turbot rôti en cocotte à l’ail fumé d’Arleux, jus de volaille, délicieuse pomme amandine garnie à la mimolette (boule de Lille), il m’a moins emporté en raison surtout d’un manque de cuisson.

  • Pour finir en beauté, - les desserts sont un des gros points forts - le traditionnel tiramisu caramel beurre salé, d’une légèreté incomparable ou un remarquable triple normand avec sa gelée au cidre, pommes caramélisée et crème caramel avec crumble et enfin une superbe poire pochée panée à la cacahuète et sésame sur un palais a la vanille. Un vrai dessert flamand aurait pu compléter ces remarquables douceurs, comme les gaufres fines fourrées à la cassonade ou à la crème au beurre mais les desserts ne sont pas inspirés par le menu terroir.

  • En tous cas, tous les ingrédients sont réunis pour passer une bonne soirée dans ce restaurant, simplicité, chaleur, convivialité, détente, charme, cuisine de bon aloi, service prévenant et cerise sur le gâteau excellent rapport Q/P...

    Une adresse vraiment à part à Strasbourg qui fait salle comble où on prend énormément de plaisir à venir et surtout à y revenir. Prochaine étape : découvrir leur nouveau bistrot mitoyen, "Les Copains Débarquent"...

    Crédits photos : Christophe se met à table - Les Sales Gosses.


    Dernière visite en novembre 2015


    56 boulevard Clemenceau - 67000 STRASBOURG - FRANCE. Tél : 03 88 25 55 44    Lien






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