Alsace
Gundershoffen

Les Jardins du Moulin : Les Jardins des délices !



Aller aux Jardins du Moulin, c’est fréquenter l’une des plus belles adresses alsaciennes. Rien ne laisse présager quand vous empruntez l’impasse pour y accéder, que vous gagnez un lieu béni des dieux. Niché dans un écrin verdoyant au coeur d’un parc aménagé avec un goût exquis par Annie Paul, propriétaire de l’Hôtel du Moulin (qui fera l’objet d’un autre article) attenant au restaurant, cet endroit dégage un charme incommensurable teinté de romantisme que la rivière longeant le parc ne fait que sublimer...

L’enchantement se prolonge une fois entré à l’intérieur du restaurant. Les couleurs et les décorations de Noël illuminent les lieux et vous transportent avec des étoiles dans les yeux jusqu’à votre table. La salle est chaleureuse, cosy, joliment apprêtée, d’une beauté raffinée, d’un chic sobre sans clinquant. On s’y sent à l’aise. On peut y admirer les superbes écuries au travers de baies vitrées panoramiques ou jouir d’une vue sur les cuisines. Un vrai plaisir pour les pupilles.

La salle est à l’image de la patronne, Corinne. D’une grâce naturelle à faire pâlir nombre de top models, elle dirige sa salle avec prévenance et gentillesse. Le renfort d’un maître d’hôtel expérimenté, le sympathique et dévoué Didier Meyer, déjà repéré à Lembach, a apporté plus de professionnalisme et de fluidité au service, condition sine qua non pour satisfaire les 40 à 50 convives attablés. Le restaurant gastronomique ne fait pas trop parler de lui dans le microcosme médiatico-culinaire, pourtant la salle est comble à quasi chaque service, preuve que le bouche à oreilles des clients gourmets a fait son effet. N’est-ce pas la meilleure des reconnaissances ?

Le Chef, Arnaud Zinck, est un homme discret, besogneux et extrêmement sympathique, qui a réalisé des progrès remarqués et remarquables en deux ans. Il a su affirmer son empreinte. Sa cuisine est plus identifiable, signée et soignée. Formé chez Robuchon, Westermann, François Paul (en tant que Chef de partie poissonnier), il dispose d’une technique solide. Le succès aidant, il a pu renforcer sa brigade et proposer des plats plus aboutis et plus précis. Sa carte change bimensuellement et est inspirée par le produit frais du marché. Son papa lui fournit une partie de ses fruits et légumes. Traçabilité et qualité garanties ! Il privilégie les producteurs locaux, les viandes françaises et les poissons sauvages livrés au quotidien. Sa cuisine, me confie-t-il, est une cuisine du moment, alliant tradition et modernité dans le but de partager simplement les plaisirs de la table. J’adhère à 100% à cette vision. Le plaisir était en tout état de chose bien au rendez-vous tout au long de son menu inspiration...

En guise d’amuse bouche, excellent sablé d’olives noires surmonté de hareng et porc laqué sur une crème de choux-fleurs. Champagne Deutz et Kuentz-Bas Gewurztraminer 2012 Cuvée Caroline Vendange Tardive

En première entrée, de fondantes St Jacques dieppoises en carpaccio et betteraves chioggia, salade de mâche, vinaigrette de pommes à cidre. Très heureux mariage de saveurs. Le côté terreux de la betterave est adouci par la vinaigrette et donne du peps au plat. Superbe côte d’Armagnac Haut Marin 2014 Belle cuvée marine, avec des notes d’agrumes qui se marient très bien avec le plat. Très bel accord.

Le très en vogue œuf parfait fait son apparition, dominant une crème de cèpes et parsemé de copeaux de Patta Neggra. Un plat goûteux. Pinot gris Tradition / Bott Frères 2014 /Equilibré, arômes de sous-bois, notes de tilleul.

Un plat création qui sort du lot, lotte, écrasée et chips de topinambours, nage de coquillages (coques et couteaux). Très belle exécution, une vague iodée qui déferle en bouche. Seul bémol, au niveau du visuel, j’aurai laissé les coquilles des couteaux afin de donner du relief dans l’assiette. Bourgogne Saint-Véran / Joseph Drouhin d’une grande fraîcheur, une certaine rondeur, notes musquées...

Petite pause fraîcheur, avec cette crème de potirons et de châtaignes un tantinet sucrée.

Pigeonneau des Vosges nourri au maïs, de chez Thierry Laurent, et sa cuisse farcie, crémeux de panais, endive rôtie, choux de Bruxelles, carotte, morille et son jus de viande corsé. La cuisson est parfaite, la viande un délice, l’ensemble harmonieux. Cairanne 2013 /JL Colombo / Le pavillon des courtisanes (tout un programme !!!), soyeux, épicé, notes de fraises mûres. Un péché en bouche !

Un plateau de fromages est proposé, choix restreint mais bien sélectionné dont une excellente tome de Savoie.

Puis arrive le moment d’exception, sublime tartelette sablée mandarine meringuée. Originale, jolie, affriolante, tout en fraîcheur et en finesse. Une jolie prouesse. Bravo !

Les mignardises terminent en beauté ce repas remarquable, crémeux de chocolat, financier à la pistache. Grand Marnier et ses glaçons...

Ce couple de restaurateurs roule en tandem et en cadence : Arnaud crée, teste et Corinne goûte et valide. Belle complémentarité ! Brillants, humbles, fort sympathiques, à la tête bien remplie et bien ancrée sur les épaules, ils n’ont pas fini de nous surprendre et ne devraient pas tarder à toucher les étoiles du fameux guide rouge...

En tous cas, une belle adresse alsacienne des quatre saisons qui réveille les sens et révèle l'essence du plaisir. Les ailes du moulin n’ont pas fini de tourner dans ce jardin des Délices…

Crédits photos : Christophe se met à table


Dernière visite en novembre 2015



7 RUE DU MOULIN 67110 GUNDERSHOFFEN Tél : 03.88.07.52.70    Lien





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